Révélations sur les liens troubles entre la France et l’Afrique du Sud au temps de l’apartheid

Enquête

Révélations sur les liens troubles entre la France et l’Afrique du Sud au temps de l’apartheid

L’organisation sud-africaine Open Secrets a pu consulter des archives montrant comment Paris a contourné l’embargo sur les armes.

Par Jean-Philippe Rémy (Johannesburg, correspondant régional)

LE MONDE

Crédits : AP

Pour parler avec leurs homologues français de transferts d’armes, avant et après l’instauration d’un embargo international destiné à s’y opposer, les responsables sud-africains du temps de l’apartheid n’avaient pas à aller très loin. Leur ambassade, à Paris, abritait en effet, en son sein, plusieurs dizaines d’employés d’Armscor, la compagnie nationale de matériel militaire sud-africaine.

Ces derniers se chargeaient, aux côtés d’espions et de diplomates vrais ou faux, d’étudier les modalités de livraison vers leur pays d’armements qu’ils ne pouvaient fabriquer. Au fil du temps, et du durcissement des sanctions contre Pretoria, ces ventes d’armes sont devenues plus complexes. C’est ce que révèle une organisation sud-africaine, Open Secrets, qui travaille sur les archives récemment ouvertes en Afrique du Sud.

Entre le 22 et le 24 juillet 1987, par exemple, les agents sud-africains se voient offrir par leurs homologues français de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) des pistes pour acheminer du matériel en contournant l’embargo des Nations unies imposé en 1977. On propose des missiles Mistral que les troupes de Pretoria pourront tester en Angola. Cette affaire se terminera par un scandale, quand la filière par le Congo-Brazzaville sera rendue publique. Mais il y avait d’autres types de matériels désirés, et d’autres routes pour les transporter. Comme le montrent les documents publiés par Open Secrets, les pays ne manquaient pas.

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En 1969, le gratin militaire de Pretoria arrive dans la région de Bordeaux, où il va assister à des essais de missiles

Dans le Zaïre de Mobutu, les services de renseignement français et zaïrois se retrouvent avec leurs homologues sud-africains pour élaborer des itinéraires de livraisons. Pretoria a d’autres points de contact, parmi les alliés africains de la France, et peut par exemple « installer un poste d’écoutes au Togo », note Hennie van Vuuren, qui dirige Open Secrets, ou utiliser…

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