[Reportage] Dakar: la cité Baraka, bidonville solidaire, bientôt réaménagée

Dans la cité Baraka, à Dakar, au Sénégal, la solidarité est de mise.
© Guillaume Thibault / RFI

Par RFI Publié le 05-10-2017 Modifié le 05-10-2017 à 07:13

C'est une cité hors du commun au Sénégal, la cité Baraka, à Dakar. Et elle vit ses dernières semaines. Ce quartier de bric et de broc va, en effet, être réaménagé, ses habitants relogés. Si certains ne voient qu'un bidonville et de la misère, la cité Baraka est surtout un lieu de vie, depuis quarante ans, un espace qui s'est développé avec un seul maître-mot : l'entraide.

« Baraka, c’est une cité de solidarité », dit l’une de ses habitantes. Rares sont les bidonvilles propres, avec une école, un centre de santé et des points d'eau. La cité Baraka, à Dakar, au Sénégal, est exemplaire.

Ici, il y a trois points d’eau. Non loin d’un robinet, Bamby file, chargée. Elle vend des bidons d’eau à 25 FCFA. « Tout le monde s'aime, tout le monde se connaît: comme une famille! On est comme une famille ici, franchement. Il y a trois robinets dans le quartier. Ce n’est pas beaucoup mais quand même. Avant, on avait qu’un seul robinet. Avant, on n’avait pas d’électricité. Maintenant, on a l’électricité. Donc, c'est bien », observe-t-elle.

« On vit ensemble »

Avant d'être un quartier de taules et de planches, la cité Baraka était le champ de Djeneba Sy, un champ qui est devenule point de repère pour tous les réfugiés de la sous-région, explique sa nièce Fatoumata qui a 60 ans. « On vit ensemble parce qu’il y a des Mauritaniens, il y a des Guinéens, il y a des Maliens. Il y a beaucoup d’ethnies ici. C’est un endroit extraordinaire. On est solidaires, nous tous », témoigne-t-elle.

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210 logements dans des immeubles

Longtemps menacés d'expulsion, les habitants de la cité Baraka ont été aidés par feu Jacques Bugnicourt, l'un des fondateurs de l'ONG Enda. Père de six enfants, Mamoudou Fall est fier de les envoyer chaque jour à l'école, est fier d'habiter ce quartier. « Vraiment, on s’entraide. S’il y a un gars qui est malade, on cotise. Ici, c’est une communauté unie », argue-t-il.

La cité Baraka vivra encore longtemps mais autrement. 210 logements dans des immeubles vont être construits prochainement pour reloger ses 1 600 habitants.

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