Portrait. Le rêve devenu réalité d’une Nigériane qualifiée pour les JO d’hiver

Portrait. Le rêve devenu réalité d’une Nigériane qualifiée pour les JO d’hiver

Publié le

Simidele Adeagbo après sa qualification pour les Jeux olympiques le 12 janvier 2018, à Lake Placid, aux États-Unis. PHOTO / FEDERATION DE BOSBLEIGH ET DE SKELETON DU NIGERIA / TWITTER

“C’est quoi, le skeleton ? !” Les proches de Simidele Adeagbo ont pour le moins été surpris lorsqu’ils ont appris que l’athlète envisageait de disputer les Jeux olympiques d’hiver dans cette discipline, raconte-elle dans le webzine Okay Africa :

Beaucoup de gens ne connaissent pas ce sport. Certains sont un peu inquiets, car ce sport peut faire peur. Alors j’essaie de les rassurer, je leur dis : ‘Mais non, ça peut vraiment être très sympa’.”

Dévaler à près de 130 km/h une pente glacée sur une petite luge, allongée à plat ventre, la tête en avant, amuse donc cette Nigériane qui n’a pas froid aux yeux.

Le 12 janvier, elle a décroché sa qualification pour les JO qui auront lieu à Pyeongchang (du 9 au 25 février) grâce à une médaille de bronze obtenue lors d’une compétition à Lake Placid, aux États-Unis.

Une ex-spécialiste du triple saut

“Je n’en reviens pas d’être entrée dans l’histoire comme le premier athlète de skeleton africain – homme ou femme – à occuper l’une des trois premières places dans une compétition internationale”, a-t-elle confié à l’hebdomadaire sud-africain Mail and Guardian, “c’était formidable de voir le drapeau nigérian hissé pendant la cérémonie de remise des médailles”.

Née à Toronto, ayant vécu au Nigeria jusqu’à l’âge de six ans, puis entre les États-Unis et le Canada pendant sa jeunesse, la jeune femme de 36 ans n’a pourtant touché un skeleton pour la première fois qu’en septembre dernier.

LIRE AUSSI:  Algérie: des migrants blessés en voulant échapper à une arrestation

Adolescente, Simidele Adeagbo pensait déjà à participer à la vitrine du sport mondial grâce à ses talents au triple saut. “Elle ambitionnait de disputer desJeux olympiques, mais elle n’avait pas été qualifiée et avait donc renoncé”, raconte le quotidien de Lagos, This Day, qui cite l’athlète :

Quand je me suis retirée de l’athlétisme, je n’imaginais pas avoir une deuxième chance aux Jeux olympiques – et je m’attendais encore moins à participer à des JO d’hiver.”

Fin 2016, elle tombe sur un article racontant l’histoire de Nigérianes voulant se qualifier pour les JO d’hiver en montant une équipe de bobsleigh. Celle qui vit désormais à Johannesburg en Afrique du Sud depuis presque cinq ans, postule, mais le trio – qui créera la sensation en devenant la première équipe africaine de bobsleigh à se qualifier pour des Olympiades –, est déjà au complet.

Ouvrir la porte à d’autres athlètes africains

C’est à la mi-2017 que Simidele Adeagbo a vent d’une sélection pour la discipline de skeleton organisée aux États-Unis par la fédération nigériane. “Alors qu’elle ignore presque tout de ce sport, Adeagbo brille lors de ses essais, où elle mobilise tous les talents qu’elle a acquis par le passé en athlétisme”, explique This Day. L’athlète parvient ainsi à se qualifier sans même l’aide d’un entraîneur.

Il y a des gens qui entrent dans l’Histoire, pourquoi pas moi ? Et pourquoi pas aujourd’hui ? Pourquoi ne pas mettre à profit ce que je sais faire pour donner envie à d’autres, pour ne pas juste être la première et la dernière ?” explique-t-elle auprès d’Okay Africa. “Mon espoir est d’ouvrir des portes aux futures générations de sportifs africains”.

Sébastien HervieuLire l’Article Original

LIRE AUSSI:  Trafic de bois de rose au Nigeria : « Je n’ai jamais signé de permis d’exportation rétroactifs pour la Chine »

Commentaires

commentaires

Tu pourrais aussi aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.