Mort des casques bleus tanzaniens en RDC: de nouveaux éléments dans l’enquête

A Dar es Salaam (Tanzanie), le 11 décembre 2017. Des soldats tanzaniens accueillent les dépouilles des casques bleus de la Monusco tués dans la région de Béni, en RDC.
© REUTERS/Emmanuel Herman

Par RFI Publié le 07-02-2018 Modifié le 07-02-2018 à 05:33

Deux mois jour pour jour après l'attaque sur la base Monusco de Semuliki, qui a coûté la vie à 15 casques bleus tanzaniens non loin de Béni en RDC, où en est l'enquête ? Il y a quelques jours, le Russe Dmitri Titov a exposé à l'ONU les résultats de l'enquête spéciale que lui avait confiée le secrétaire général des Nations unies, des résultats encore tenus secret. Mais RFI a pu consulter les conclusions d'une première enquête interne, menée dès le mois décembre. Un rapport confidentiel, qui ne tire aucune conclusions sur l'identité des assaillants mais permet de mieux comprendre pourquoi le bilan a été si lourd et pourquoi les premières équipes de secours ont mis 14 heures à arriver sur place.

Les auteurs du rapport parlent de la « colère » exprimée par certains casques bleus rescapés de l'attaque. On y apprend que ce jour-là, dès 17h35, cinq minutes après la première alerte, le commandant du contingent tanzanien a demandé à la brigade d'intervention un appui aérien, ne serait-ce qu'un vol de dissuasion. Et que deux heures plus tard, le commandant de la base de Semuliki s'est même vu promettre l'arrivée imminente d'un hélicoptère, juste avant la rupture des communications, le laissant dans l'espoir d'un secours… qui n'arrivera finalement que le lendemain matin.

Pourquoi aucun appareil n'a-t-il décollé cette nuit-là ? Selon ce rapport d'une quarantaine de pages et des informations recueillies par RFI, c'est notamment parce que les pilotes n'étaient plus qualifiés pour le vol de nuit, faute d'entraînement, et que les appareils de nuit n'étaient pas opérationnels, le tout suite à une décision antérieure de les rapatrier, sans oublier le mauvais temps.

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Ce rapport nous apprend en outre que les outils de communication n'ont pas été détruits au début de l'attaque. La liaison aurait donc été possible jusqu'à 3h du matin, si l'officier en charge n'avait pas été contraint de fuir son poste.

Ce rapport et d'autres documents consultés par RFI pointent aussi les « faiblesses » dans le plan de défense de la base de Semuliki. Protection du site insuffisante, manque de réactivité.. Des critiques récurrentes pour une base pourtant isolée dans l'une des zones les plus dangereuses du pays.

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