Le sort du Kenya une nouvelle fois entres les mains de la Cour suprême

Les juges de la Cour suprême à Nairobi, le 20 septembre 2017.
© REUTERS/Baz Ratner

Par RFI Publié le 17-11-2017 Modifié le 17-11-2017 à 03:03

Depuis mercredi 15 novembre, les juges de la Cour suprême du Kenya examinent deux recours qui demandent l’annulation de la réélection du président Uhuru Kenyatta. Le premier a été déposé par deux défenseurs des droits de l’homme, Khalef Khalifa et Njonjo Mue, le second par un ancien député, Harun Mwau. Au coeur des débats, le retrait de Raila Odinga et les tensions qui ont marqué le scrutin du 26 octobre.

« Soit la commission électorale ne comprend pas la loi, soit elle pense qu’elle a le pouvoir de la contourner », déclare l’avocate Julie Soweto. Les plaignants dénoncent une élection qui ne s’est pas tenue dans 25 circonscriptions du pays et un processus marqué par des violences et des intimidations, qui plus est organisé par une commission à la botte du pouvoir.

Surtout, ils avancent que le scrutin du 26 octobre aurait dû être annulé du fait du retrait de Raila Odinga. Au coeur des débats également, la définition de ce qu’est une « nouvelle élection », terme employé par la Cour suprême le 1er septembre dernier.

Pour les avocats de Harun Mwau, le processus aurait dû être recommencé depuis le début, avec une nouvelle désignation des candidats. « Est-ce l’élection que vous espériez lorsque vous avez annulé la première ? Avec un taux de participation de 38% et une victoire à 98% », lance un avocat d’un ton accusateur.

De leur côté les défenseurs de l’IEBC, et surtout d’Uhuru Kenyatta, ont présenté une contre-attaque virulente. Les plaignants n’ont pas voté, ils n’ont donc pas le droit de critiquer, disent-ils, tout en soulignant les conséquences sociales et économiques qu’aurait une deuxième annulation. La Cour suprême devrait rendre sa décision lundi.

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