Afrique du Sud. 46 ans après, la justice reconnaît le meurtre d’un militant anti-apartheid

Afrique du Sud. 46 ans après, la justice reconnaît le meurtre d’un militant anti-apartheid

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Mohamed Timol (à gauche), frère d’Ahmed Timol, après la décision de la Haute Cour de Pretoria, le 12 octobre 2017. PHOTO / GULSHAN KHAN / AFP

“Le jugement de jeudi […] est un moment historique pour le pays”, estime le Daily Maverick qui rappelle que “depuis des décennies, la famille de Timol demandait la réouverture du dossier après qu’une enquête officielle, en 1972, a conclu au suicide de ce membre du parti communiste (SACP)”.

Alors incarcéré, l’enseignant de 29 ans, militant contre le régime ségrégationniste de la minorité blanche, est tombé du dixième étage de John Vorster Square, le quartier général de la police à Johannesburg. Un lieu “de sinistre mémoire” pour le journal.

“Il n’a pas sauté mais a été poussé”

“Ahmed Timol n’a pas sauté mais a été poussé du bureau 1 026 ou du toit” du commissariat, a déclaré le juge Billy Mothle, de la Haute Cour de Pretoria, qui a rappelé les conditions difficiles de son travail sur cette affaire : 600 pages de l’enquête de 1972 avaient ainsi “mystérieusement” disparu.

Selon le magistrat, les deux derniers policiers qui ont interrogé Ahmed Timol auraient dû être inculpés pour meurtre. Mais ils sont tous les deux décédés il y a quelques années.

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Pour le site d’informations sud-africain, cette décision de justice “offre de l’espoir à des dizaines de familles de militants qui sont morts en détention pendant l’apartheid, un certain nombre d’entre eux dans des circonstances presque identiques à celle de Timol”.

Au moins 73 détenus politiques sont morts entre les mains de la police entre 1963 et 1990, comme Steve Biko, leader du Mouvement de conscience noire, disparu en 1977 après avoir été torturé.

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Des crimes encore largement impunis

“Mais seule une poignée d’agents de l’apartheid ont dû rendre des comptes pour leurs crimes”, déplore le journal. Établie dans les années 1990 par le nouveau régime démocratique, la Commission vérité et réconciliation a largement échoué en la matière.

À la sortie du tribunal, Imtiaz Cajee, neveu d’Ahmed Timol, a insisté, au nom de sa famille, pour que le parquet sud-africain (NPA) “rouvre tous les dossiers concernant les meurtres de militants politiques, pas seulement ceux qui ont été tués en détention”.

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